À propos

Les motifs qui nous animent sont de deux ordres. Et il est important d’en parler, car, pour beaucoup de ceux qui ont connu le site il y a quelques années, ce n’était qu’une ruine, un tas de pierre… et peut-être ont-ils vu en notre entreprise de la folie ! II y a d’abord la magie, la grandeur de ce mont de Vergy qui domine toute
la région des Hautes-Côtes, haut-lieu historique s’il en est. Laisser cet édifice qui gît sur son flanc mourir complètement n’était pas acceptable, alors qu’aussi et surtout c’était le lieu de vie, de réflexion, de prière des moines bénédictins de Cluny. À côté de ceux de Cîteaux et en même temps qu’eux, pendant cette rayonnante partie
du Moyen-Âge qui, suivant le mot si fameux du moine Glaber, habilla notre Bourgogne « d’un blanc manteau d’églises », ces moines ont su comprendre le génie dont la nature a doté cette Côte bourguignonne pour faire de très grands vins.

Ils ont élaboré et peu à peu perfectionné ce qu’il faut bien appeler la grande philosophie bourguignonne du vin, celle du terroir délimité et du cépage unique. Cette philosophie a si bien résisté au temps et aux péripéties de l’Histoire qu’aujourd’hui elle est plus vivante que jamais, plus esssentielle que jamais. Sans laquelle vous n’auriez pas dans vos verres ce dont vous vous délectez aujourd’hui, sans laquelle en fait nous ne serions pas ensemble ici en train de célébrer autour du vin ce culte où beauté, culture et plaisir sont réunis et partagés en un mariage que seule la Confrérie, il faut bien le dire, est capable de réussir avec autant d’éclat et d’élégance à la fois !

Cette histoire riche, cette elle court dans les veines de nos vignes, elle habite
nos vins, elle constitue un privilèg extraordinaire que nous envient toutes les régions viticoles de France et du monde et nous, notre association, sommes de ceux qui pensons que c’est un héritage essentiel, et qu’il faut sauvegarder ce qui en témoigne. Et notamment les édifices or, combien en reste-il, de ces édifices qui rappellent cette grande histoire du vin de Bourgogne ? Si peu. Celui où nous nous trouvons ce soir est le plus prestigieux, le plus vivant de ces rares témoins et s’il demeure aujourd’hui dans sa splendeur, c’est grâce à vous, la Confrérie, qui avez compris ce dont il était porteur. (…) Mon propos n’est pas de décrire ce qui a déjà été réalisé. Je vous invite à en visiter le site. Nous souhaitons en effet rendre le site à la visite en permettant au promeneur de revenir y rêver en un parcours qui l’informe sur la vie du monastère, sur son histoire, sur ses liens étroits avec le grand vignoble de la Côte.